29 septembre 2011

La terre sans mal


La terre sans mal de e.Lepage et Sibran
Aire Libre  livre épuisé

Eliane est une jeune française, qui part au Paraguay pour y étudier les Indiens Mbyas et leur langue.
Les indiens sont résignés dans leur vie d'esclave et subissent de la part des Blancs des actes de violences et maltraitance! Le peuple se meurt. Un matin, pourtant le village est en effervescence, le Karai est arrivé et leur a promis de les conduire à la « Terre sans Mal », cette terre attendue, et idéalisé où le peuple pourra vivre en paix...Le chemin sera long et périlleux, beaucoup y perdront la vie.
Eliane, quand a elle a décidé de les suivre un bout de chemin, et de retourner en France après, mais nous sommes en 1939, la guerre a été déclarée, les juifs sont emmenés, et Elaine n'a plus de famille, elle décidera de devenir une vrai Indienne en prenant le nom de Napagnouma.

La terre sans mal, est un récit sur un peuple en perdition, entre tradition, croyance et resignation. On découvre un peuple qui n'a plus foi en rien jusqu'à la venue du Karai « homme dieu », qui leur promet une vie meilleure sur une terre où le mal n'existe pas! On découvre ainsi un peuple qui a si peu de retour sur le monde qui l'entoure, qu'il préfère se jeter à corps perdu dans les paroles d'un illuminé. 


Ce récit nous emmène dans les terres reculés de l'Amérique du sud, foret, lac, plaine, tous les paysages y sont représentés de façon superbe, c'est un voyage fabuleux, même si le but de ce voyage et l'aboutissement lui n'est pas aussi beau que l'on aimerait,Cette jeune française est le lien entre ce peuple indien et nous lecteur, elle nous sert de guide, nous invite dans ce voyage initiatique et nous montre la volonté du peuplé à croire en un monde meilleur! A l'heure de la grande guerre en France, elle voudra aussi croire à cette Terre sans Mal, qui la délivrera de ses démons et lui donnera une nouvelle raison de vivre.

Cet album, je l'ai d'abord acheté pour son graphisme, Emmanuel Lepage, nous illustre parfaitement tous les décors, les hommes, la jungle, la vie..c'est un album qui nous fait voyager, rêver, et nous fait découvrir des  lieux inconnus, c'est vraiment ce que j'ai ressenti à l'époque, et aujourd'hui encore après cette relecture. Sibran quand à lui a fait un travail de recherche pour que le scenario soit le plus vraisemblable, que nous ayons vraiment l'impression que cette jeune linguiste a existé, que ce peuple s'est éteins de cette manière! « La terre sans mal » est une histoire qui nous ne laisse pas de marbre, elle nous transporte dans son périple et sa tragique fin!
Malheureusement cet album est à l'heure d'aujourd'hui épuisé, c'est fort dommage, car ce récit de voyage est de toute beauté!


La terre sans mal a reçu en 2000 le prix des libraires, et rentre donc dans le challenge Roaarr de Mo'

26 septembre 2011

Réseau bombyce

Réseau Bombyce T1 Papillons de Nuit  De Corbeyran et Cecil
chez les Humanoides associés 12.90e


Bombyce: Insecte lépidoptére. Papillon nocturne d'un genre particulièrement nuisible. Difficile à capturer.
Dans un début du Xxe siècle réinventé avec une inspiration Art nouveau et autres inventions,, Eustache et Mouche sont deux voleurs qui forment le renommé Réseau Bombyce. En volant un Baron il découvre par hasard des actes de barbarie sinistres et meurtres envers les prostituées. Bien décidé à le faire chanter pour ses actes odieux et ainsi réservoir une petite fortune, ils mènent l'enquête mais la jeune Zimbeline elle même prostituée et amie d'Eustache sera l'une es favorites du Baron!

Il y a  longtemps que cette série me faisait de l'œil,, je me suis lancée, et là, étonnement, elle est vraiment sympa à lire, le scénario, le graphisme tout est bon!
Ce premier tome est en quelque sorte une mise en bouche, on découvre les personnages Eustache et Mouche, deux voleurs qui savent utiliser les inventions du nouveau siècle pour faire de beaux et grands cambriolages, c'est pour cela que le Réseau Bombyce est si connu, ils sont intouchables! De vrais experts!, Mais aussi leur passé qui est en lien avec cette nouvelle enquête, on situe l'action et le pourquoi de l'action, on sait que tout ne va pas être simple, et à la fin de ce premier tome les questions demeurent et d'autres arrivent, mon premier sentiment à la dernière page a été « j'attaque le second tome »


Le réseau Bombyce, est un peu futuriste, avant gardiste, elle mêle le début du XX siècle et des inventions plus récentes, pour donner un paysage, un décor à couper le souffle, Cecil au dessin illustre parfaitement cette période par des couleurs chaudes et des dessins très réalistes, c'est ce qui m'a plu au premier abord de cette série, Puis Mr Corbeyran au scénario, nous donne de la profondeur, une énigme sans être trop compliqué qui nous donne envie de lire la suite, et de connaître tous les rouages de cette série! C'est vraiment une belle découverte!

Le réseau Bombyce a reçu en 2001 les Prix des libraires et entre donc dans le challenge Roaarr de Mo'

22 septembre 2011

Le grand pouvoir du Chninkel

Le grand pouvoir du Chninkel de Rosinski
14.95 e chez Casterman


Sur Darr, la guerre fait rage entre les trois immortels (Zembria la cyclope, Barr-Find main noire et Jargoth le parfumé ) qui dirigent une partie des contrées et des peuples. Le peuple des chninkels est ainsi à l'état d'esclavages, c'est lors d'un énième combat, que J'on, jeune chninkel se réveillera sous les corps des combattants, errant seul dans la nature, U'n le roi absolu, le maitre créateur des mondes, lui confiera la lourde de tache, de faire cesser la guerre entre les 3 immortels sous peine que Dar soit détruite à jamais. Ainsi il lui délivre le « grand Pouvoir du Chninkel », mais quel est-il réellement?

Rosinski a eu un coup de génie en 1988 lors de la conception de cette bd culte! Oui culte car tout le monde la connait, ou en a entendu parlé! Cette chronique nous donne une nouvelle vision de la vie, une petite philosophie comme quoi l'homme et tout être vivant avant lui, n'a su que détruire son environnement, se faire la guerre par jalousie et idéologie.
L'homme et ses croyances sont ainsi le pire fléau de l'humanité.

Il est vrai que cette bande dessinée m'avait marqué la première fois que je l'avais lu, j'avais alors une quinzaine d'années, et pas les mêmes réflexions, je ne voyais pas la force tranquille qui se dégage de ce livre, je n'avais pas saisi qu'elle était un jugement sur l'humanité et ses déboires, je la voyais plutôt comme une fable qui nous racontait ce qu'il y aurait pu avoir avant les dinosaures et d'où venait les hommes! Mais après cette relecture, je dois dire que le jugement est sévère et réaliste, l'homme et sa soif de pouvoir, sa jalousie, son égoïsme, son égocentrisme et son ignorance le conduise à sa propre destruction.
La destruction de toute forme de vie n'est que retardé, les hommes oublient leurs fautes passées, les enfants ne s'intéressent plus qu'à l'avenir en commentant les mêmes erreurs que leurs ancêtres, mais comment peuvent-ils le savoir, car à force de regarder toujours devant, on finit par oublier qu'il y avait un avant! c'est un peu ce que je ressent du message délivré des descendants de Bom-bom, cette renaissance n'est que le début de la fin!
C'est ainsi que je vois cette bande dessinée, elle me parle, me questionne sur l'humanité et ses dérives, d'autres verront juste une histoire bien ficelée, mais ce n'est que mon avis personnel, et il ne pèse pas bien lourd sur la blogosphère.

Il y a plusieurs années une version couleur avait été faite, je dois dire que cette version ne m'avait pas séduite, déjà d'une je possède la version noir et blanc identique à celle de 1988, et puis la colorisation des scènes ne m'avait emballé, je trouve que c'est trahir un peu l'histoire et la bd originale que de vouloir la coloriser, elle est tellement magnifique en noir et blanc, pourquoi l'enlaidir, donner une   
                      autre vision de cette chronique par le jeu des couleurs!



Cette bande dessinée est vraiment indispensable, elle est une valeur sure même plus de 20 ans après sa sortie, c'est en quelques sortes un classique du genre.

cette bande dessinée a reçu le Prix Fauve prix public en 1989, elle rentre dans le challenge Roaarr de mo'

Horologiom T1

Horologiom T1 L'homme sans clé
de Fabrice Lebeault chez Delcourt 13.50



A l'occasion de la sortie du tome 6 de cette série, et pour le challenge Roaarr de Mo', une petite lecture s'impose du T1 d'Horologiom : L'homme sans Clé qui a reçu en 1995 le fauve prix révélation



Dans un monde endoctriné par la religion et la mécanique, où tout être n'est vivant que par l'esprit car le corps lui réponds au norme mécanique dernier cri, Mariulo, jeune funambule atterri malgré lui dans la cité d'Horologiom. Il se retrouve vite en cavale, car un remonteur a décelé chez lui une anomalie, il n'a pas de clé sur la tête, et doit donc être détruit car un homme sans clé risque de mettre les rouages de la société à mal!
 Complot politiquo-mécanique, car dans les hautes strates de la cité, des hommes veulent à tout prix garder l'emprise sur le peuple!


L'histoire est séduisante, c'est une bande dessinée de science fiction, qui à l'époque devait être avant-gardiste car elle est paru en 1994 et aujourd'hui à l'heure des robots ménagers , la mécanique autonome et autres inventions, on peut se dire que nous finirons peut-être un jour par nous aussi se transformer en robot, ou du moins partiellement!

Ce qui m'a un peu gêné dans ce premier tome, c'est la couleur, le dessin un peu vieillot, non pas que je n'aime pas les vieilles séries qui ont le même style de graphisme ( aldebaran....) mais dans celle-ci qui se voulait futuriste à l'époque, je trouve que le dessinateur n'avait pas assez joué sur le thème justement! Nous sommes dans de la sf, les robots ne sont pas assez robotisés, les humains sont trop humains et les clés qui leurs servent à vivre ne sont pas assez présentent, elles sont pourtant le fond de l'histoire, elles devraient être plus grosses, voyantes, surprenantes, irréalistes!
C'est tout de même une lecture qui m'a plu sans être un coup de cœur, je vais entamer la suite, car le fond de l'histoire à quelque chose de vraiment sympa, et juste pour voir l'évolution du style car avec les années les techniques de dessins ont changé, je me lance dans la lecture des 5 autres tomes!

21 septembre 2011

Le sursis de Gibrat

Le sursis t1 et t2 de Gibrat
chez Dupuis 14,95 collection Aire libre




 



Dans le cadre du challenge Roaarr de Mo' pour le prix des libraires en 1998, j'ai relu ce diptyque.







Julien, pour échapper à la guerre, décide de sauter du train qui l'emmène en Allemagne, il va se cacher dans le village de sa tante à l'insu des villageois et espère ainsi vivre jusqu'à la fin des hostilités.
Déclaré mort après le bombardement du train dans lequel il devait se trouver, il suivra non sans humour son propre enterrement, et suivra les moindres faits et gestes de sa bien aimée Angèle. Mais son secret sera de courte durée, entre résistants, milice et villageois, la vie de fantôme n'est pas facile. On n'échappe pas à son destin!

Gibrat nous livre ici un récit de guerre poignant, cette guerre cachée, cette guerre qui a aussi eu lieu au milieu des villages retirés. C'est toujours avec le même plaisir que je redécouvre son œuvre, car dans le cas de Jean-pierre Gibrat le mot art est très représentatif des ses récits. Un dessin magnifique! Qui n'a pas admiré ses planches pour leur beauté,les émotions passent à travers ses dessins, ses personnages sont beaux et simples à la fois, des personnages comme on en croise tous les jours! C'est un vrai talent de savoir dessiner aussi bien, sans retoucher ses planches avec ces nouvelles techniques, un dessin, un vrai qui laisse transparaitre toute la beauté et l'émotion du moment.
La guerre, la résistance est un thème qui reviens dans l'œuvre de Gibrat, ici on est en 1943, la guerre tout le monde veut qu'elle s'arrête, on ressent l'espérance et la souffrance des ses villageois qui ont déjà perdu leurs fils, neveux, frères, on vit à travers eux cette attente, mais la vie malheureusement doit continuer...Julien notre héros, attends plus que quiconque cette fin, lui que tout le monde croit mort, lui qui voit le fils du collabo s'amouracher de sa bien aimée, lui qui épie la vie du village derrière des volets fermés, c'est aussi un anti-héros attachant, il a préféré fuir la guerre pour sa propre liberté et son bien être, et attends sagement la fin de cette guerre, mais en même temps on espère vraiment un avenir meilleur pour lui et son Angèle!



La fin n'est pas ce que l'on peut espérer, ce n'est pas une belle histoire d'amour sur fond de guerre, même si la romance est un élément majeur de cette série, cela se passe par temps de guerre, et rien ne peut empêcher la violence de s'immiscer au moment ou on ne s'y attends pas!
Le sursis est une bande dessinée indispensable, tant pour son histoire que pour son graphisme, un récit qui nous laisse une petite blessure, un récit que l'on redécouvre avec plaisir et émotion!






Dans la même veine, on peut retrouver tout l'art de Gibrat avec "le vol du corbeau" certains diront que ses personnages sont les mêmes, mais malgré leur ressemblance certaine, cette histoire est aussi touchante que "le Sursis"

17 septembre 2011

L'angelus

L'angelus T1 et T2  de Giroud et Homs
chez Dupuis Collection Secrets 13,95e

Clovis, 45 ans, a une vie monotone, entre famille et travail, la découverte d'un cancer le plonge encore plus dans sa torpeur. Lors d'un passage à Paris, il décide de visiter le musée d'Orsay, et devant le tableau « L'angelus » de Millet il a une drôle de sensation, un état de panique, une découverte!
De retour à son domicile, il se lancera dans l'étude du fameux tableau, et par des détours, fera des recherches sur le passé peu connu de Dali qui avait eu lui aussi cette sensation en découvrant ce tableau emblématique.
L'angélus lui fera découvrir des secrets de famille bien gardés, que seul un éclat de tonnerre aurait mis a jour!

Dans la collection Secrets, on retrouve bon nombre de bonne bd, « l'écharde » de Giroud et Duvivier ou encore « la corde » des mêmes auteurs, il est toujours questions d'un secret bien gardé, qui un jour va être dévoilé par des détours. Ce sont des chroniques de gens ordinaires, et c'est toujours des affaires bien menés Il existe dans les villages ses secrets dont tous le monde à conscience, mais que les principaux intéressés eux ignorent! Ces secrets qui s'étalent sur des générations et qui laissent une trace sur les enfants futurs. Ces histoires de village qui marquent au fer rouge toute une famille et les enfants à venir....
L'angélus a pour moi un plus, cette fois on y trouve des recherches très poussées sur la peinture, on découvre l'art sous un nouveau regard, et c'est grâce à l'art et la découverte d'un tableau que la vie de Clovis sera changée à jamais, certains de ses souvenirs d'enfant auront trouvé grâce à ce méli-mélo des réponses, une nouvelle vie pourra alors commencer....
Ce sont des couleurs pastels au ton neutre qui donne pour certains l'impression d'un album non fini, pour ma part je trouve que ces tons marrons, orangés, jaunes, sont parfaits pour nous raconter cette trame de vie, une douceur apportée dans une existence trouble, un équilibre!

C'est une série à découvrir pour tous ceux qui aiment le genre polar et les récits de vie, mais aussi un peu l'art car « L'angélus » est le point central de cette histoire.

14 septembre 2011

Frenchman

Frenchman de Prugne Patrick
Chez Daniel Maghen 19,00e

1803, L'armée de Bonaparte, recrute des hommes pour partir à la Nouvelle Orléans, Alban un jeune paysan, tire le bon numéro celui d'exempté, il ne sera donc pas enrôlé! Mais le jeune fils du comte, lui n'a pas eu cette chance, et se voit enrôlé pour ce long voyage. Le comte n'est pas d'accord de voir son fils partir et propose aux parents d'Alban, de l'argent contre leur fils! Sans remords ils vendent le numéro d'exempté et envoient ainsi leur fils dans l'armée de force. A peine arrivé à la Nouvelle Orléans, Alban prends la défense d'un esclave contre un américain, et tue ce dernier! Il sera condamné à l'échafaud, Toussaint Charbonneau, un trappeur Français décide de l'aider et l'entraine dans une expédition à la rencontre des indiens, loin de la Nouvelle Orléans!
Ce ne sera pas aussi simple, l'expédition est elle même un vrai combat, entre les chasseurs de tête qui en ont après le jeune Alban et le territoire indien qu'il faut traverser sans se faire scalper!

Frenchman est un album que l'on regarde d'abord pour son dessin à l'aquarelle époustouflant, des paysages plus beaux que nature! C'est un album d'une rare qualité, on ne peut pas rester insensible à cette qualité de dessin, à l'heure des dessins retouchés par ordinateur, cet album est un onvi dans les rayonnages!
Et puis, cette histoire complète qui se passe au temps de la conquête des états-unis, est un vrai dépaysement, on est plongé dans les grands espaces américains, à la rencontre des indiens, et des « Frenchmen »

Frenchmen était le nom donné par les américains, aux guides, interprètes ou chasseurs, ils avaient une parfaite connaissance des territoires, et participaient à de nombreuses expéditions.

Il est accompagné d'un supplément sur les recherches de l' auteur pour ces personnages, ces décors, sa vision....

Dans la même veine, Patrick Prugne avait sorti il y a quelques années « Canoé Bay », l'intrigue se passe pendant la conquête des grands espaces américains, en 1756, on suit l'enrôlement d'un jeune orphelin pour défendre un fort contre les indiens! Cet album est aussi beau que Frenchmen, toujours des dessins à l'aquarelle, des décors somptueux, une aventure belle et tragique!