16 février 2012

Berlin

Berlin de jason Lutes
chez delcourt


Dans le projet d'une lecture commune proposée par une amie-blogueuse, Mo' me voilà pour cette lecture de Berlin dont j'ai beaucoup entendu parler mais je voulais mon propre avis!
Pour une fois, je déroge à ma règle de ne pas faire de critique négative, mais c'est dans le cadre de cette lecture à plusieurs voix!

Le résumé tout d'abord, et bien....je me servirai de la quatrième de couverture
Berlin cité des pierres est la première partie d'un captivant récit imaginé par Jason Lutes. Les personnages principaux de ce roman graphique, le journaliste, Kurt Severing et l'artiste peintre Marthe Muller, évoluent au milieu d'événements historiques dramatiques, au temps des heures de la république de Weimar. La cité des pierres couvre un période de huit mois passés à Berlin, de septembre 1928 au 1er mai 1929, et reconstitue méticuleusement les espoirs et les combats de ses habitants, au moment où leur futur semble s'obscurcir devant la montée d'une ombre menaçante.


Berlin, c'est un monde où des tas de personnages se croisent, se ressemblent un peu trop aussi, j'ai eu beaucoup de mal à les identifier au fur et à mesure, à me rappeler leur histoire dans l'histoire parfois, je me suis sentie vite perdue et lasse de cette recherche! L'histoire est censée tourner autours de Marthe et Kurt, mais les personnages secondaires jouent presque sur le même registre, par cette multitude d'individus présents, ils perdent tous de leur charisme et sont vite remplacés par d'autres, cette foule d'individus m'a fait lâcher prise plusieurs fois
Berlin c'est un graphisme simple, les décors eux pour le coup sont peut être trop simple, voir inexistants (ciel blanc, mur des maisons noirs....) le trait simple d'un illustrateur peut être charmant, mais le vide, le néant de certaine scène qui ont un simple décor blanc ou noir par rapport à d'autres cases trop petites pour la quantités d'objets qui y figurent n'a pas aidé ma lecture! On est vite submergé par soit un vide complet de plusieurs cases, puis là la lecture est plus difficile car on se retrouve face à une montagne de précisions, dur dur à faire avaler!
Berlin, c'est aussi beaucoup de bavardages, on ne va pas à l'essentiel, on est perdu dans des discours philosophiques, artistiques, politiques,....politique très peu tout de même, on est sensé comprendre la montée du nazisme à cette époque mais la foule de personnages et des leurs histoires variés qui ne correspondent pas les unes aux autres, m'a laissée perplexe, l'auteur a sans doute voulu faire voir le cheminement des ces idées pro-nazi dans toutes les couches de la société, il faut dire que nous sommes au lendemain de la défaite allemande, les idées de revanche font leurs cheminements dans toutes les strates, mais pour ma part je trouve qu'il s'est vite égaré entre toutes ces informations qu'il essaye au mieux de nous faire ingurgiter!
Berlin n'aura pas suscité chez moi cet émerveillement que j'attendais, un peu déçue Oui certainement même beaucoup, même écrire cette critique m'a coutée, c'est dire à quel point cette lecture fut difficile pour ma part
Je vous laisse découvrir d'autres avis de mes compagnes de lecture Joelle, Mo', Lystig et Véro, d'autres avis que le mien certainement plus positif!

Cet album s'inscrit aussi dans The reading comic challenge de Mr Zombi

11 février 2012

Le petit cirque

Le petit cirque de Fred
chez Dargaud 13,99e

Une famille de forain erre sur les routes et rencontre des personnages inattendus, des situations cocasses et tragiques.
On suit les errances de cette famille de nomades, la vie de cirque n'est pas facile surtout quand le cirque ne compte que les trois membres de la même famille, Léopold le père, autoritaire et râleur, la mère carmen soumise et esclave, et enfin le fils, qui suit et subi!

De nombreux personnages liés au cirque entrent en scène, l'homme obus , les trapézistes, les acrobates, clowns et autres, tous aussi loufoques qu' improbables, et qui donnent une dimension à la fois poétique et tragique, amusante et surréaliste.
Pré-publié dans Hara kiri, le petit cirque est une œuvre majeur de Fred, c'est avec beaucoup d'enthousiasme que je redécouvert cet album, et cette famille de forain un peu farfelu dans un monde où toutes situations et rencontres donnent une dimension magique et déjantée!

26 janvier 2012

L'enfant cachée

L'enfant cachée de Lizani, Dauvillier, Sassedo
chez le lombard 16,45e


Par une nuit, où Elsa ne trouve pas le sommeil, elle trouve sa grand mére dans le salon qui regarde une photo, elle est triste. La petite fille lui demande de lui raconter pourquoi sa mamie est comme cela...
Doumia avait quelques années lors de la déportation, elle a d'abord connu l'étoile de David cousu à son manteau, les remarques acerbes de son voisinage et de son institutrice, puis la déportation de ses parents par une nuit où la police est venue les chercher. Doumia recueilli par des voisins, connaitra l'exil et le manque des ses parents, jusqu'au retour inespéré de sa mère, qui ne ressemblait plus du tout à ce qu'elle était, son papa, lui n'est jamais revenu....



Cet album jeunesse aborde de façon simple la déportation, et les répressions qu'on connu les juifs en France, à travers des mots d'enfant le récit n'est que plus émouvant, ce n'est pas un album qui nous fait rire, mais qui montre aux enfants les travers de la guerre, la chasse aux juifs, et les conséquences, avant tout un album documentaire pour aider nos enfants à comprendre cette dure période de l'histoire à travers les yeux d'enfants, celui de Doumia jeune juive sauvée par des voisins. Il aborde aussi sur le dernier chapitre, la honte et la crainte des survivants face à leur famille, la loi du silence qu'ils s'imposaient d'eux même, et les répercutions sur les générations futures, , émouvant et réaliste, cet album a sa place dans les salles de classe pour parler d'une période difficile!

Les Moorehawke t3 Prince rebelle

Les moorehawke t3 Le prince rebelle
de céline kiernan chez orbit 19,90

c'est avec un empressement certain que j'ai dévoré ce dernier volume de la trilogie de moorehawke, qu'était-il advenu de Wynter, Razi et christopher...leur rencontre avec le prince Albéron se passerait-elle bien? Le royaume allait-il connaître cette guerre tant redoutée? Et Christopher aurait-il enfin sa vengeance sur les loups?
Tant de questions, tant d'appréhension....

Dans ce dernier volume nous faisons enfin la connaissance d'Albéron, un brin despote, un soupçon de hargne, mais une dévotion pour son frère Razi, alors pourquoi avoir voulu le tuer quelques mois avant, à moins que....
Quels sont finalement ses plans pour le royaume et cette fameuse machine sanglante...
Christopher et wynter avancent peu à peu, mais leur relation est conflictuelle surtout quand un prince s'en mêle, notre cher Merron devra apprendre la patience et les mœurs qui entourent la cour du roi! Mais il est difficile de retenir un loup!
Dans le camp des rebelles, plusieurs communautés devront apprendre à se supporter, et quand les loup-garous intègrent eux aussi le camp, la tension augmente, j'ai eu une envie de meurtre envers de David le Garou, aussi beau soit-il!
Les merrons quand à eux, donnent une autre image de tribu moins bestiale et moins déloyale, ils n'assassineront pas les leurs pour un dieu cette fois!
J'ai comme pour les deux précédents volumes appréciée cette lecture, même si je l'ai trouvé trop courte à mon goût, la fin trop rapide, pas assez détaillé m'a laissé un arrière goût de pas assez, j'aimerai poursuivre l'aventure avec la dame protectrice, ses frères prince de sang, et son compagnon merron, nous découvrons enfin le passé de cette fameuse machine sanglante, elle ressemble malheureusement à ce que nous connaissons de nos jours, et il est vrai qu'elle ne fait pas semblant une fois actionnée! Nous en apprenons aussi beaucoup sur « le pourquoi et le comment » le roi et Lorcan Moorehawke avaient décidé de mettre cette arme de côté, le roi n'est peut-être pas si inhumain qu'il veut bien le laisser entendre et voir!
Ces héros sont toujours aussi attachants, j'ai ressenti leurs peines, leurs joies, les incertitudes, j'ai ri, frissonné de peur, j'ai aimé passer quelques heures en leur compagnie.
Il est tout de même fort dommage que le Pince rebelle soit le dernier volume, car cette saga, assez féminine tout de même m'a apportée un très bon moment de lecture et surtout de la frustration, car ce fut le dernier volume!
Merci aux éditions Orbit pour cette fabuleuse saga, recevoir de tels moments de lecture dans sa boite à lettres est vraiment agréable!

8 décembre 2011

Chasseurs d'ecume

Chasseurs d'écume T1  1901 Premières sardines de Debois et Fino
Chez Glénat 13.50


Juin 1950, dans le train Quimper-Paris, Pierre Gloaguen se rend à la capitale pour défendre les intérêts des pêcheurs de sardines, face à lui dans son wagon, un homme qui s'intéresse à son histoire et à sa cause, c'est pour lui l'occasion de remonter dans le temps et de raconter son histoire de marin pêcheur....A 12 ans Pierre embarque pour la première fois en tant que moussaillon sur le bateau de son père, la pêche à la sardine bat son plein mais laisse aussi des conflits sur terre, rivalité entre marins, et rivalité dans la conserverie où les femmes de marins pêcheurs sont les petites mains...

Cette bd est l'adaptation de « l'épopée de la sardine, un siècle d'histoires de pêche » de Boulard Jean-claude, Je ne connais pas ce livre mais cette adaptation m'a donnée envie de le découvrir, c'est un milieu dont on connait peu de choses, on a souvent entendu dire que c'est un métier difficile, que les femmes étaient à cette époque aussi importantes que les marins pêcheurs avec le travail dans les conserveries, cette bd nous montre l'envers du décor.
Sur les bases d'une aventure, on découvre ainsi la vie des marins pêcheurs du début du siècle, les rivalités entre les familles; les tensions, les préjugés, les astuces pour pêcher plus que le voisin...Notre héros Pierre âgé de 12 ans est le centre de cette histoire, comment un gamin a su faire face à l'adversité et à la trahison, comment un gamin a su grandir plus vite et devenir adulte avant l'âge, comment ce gamin que l'on retrouve dans le train prés de 50 ans plus tard a toujours cette passion pour la sardine et la pêche, c'est un métier mais surtout une passion.


















Une illustration simple et sans extravagance, des couleurs sombres, un récit clair, et l'envie de connaître la suite, cette bande dessinée sera en 4 tomes!
J'aime vraiment ces histoires d'aventures avec une pointe de fait réel, elle donne plus d'importance au récit, on s'empreigne de la vie du héros, sans tomber dans le voyeurisme, on ressent les émotions, les contradictions, le mal, le bien....C'est une très belle découverte, et on a l'impression de découvrir un nouvel univers, à la fois passionnant mais aussi cruel et inquiétant. Pour finir, les seuls mots qu'il faut retenir sont :  « Les chasseurs d'écume est une très belle bd qui mêle histoire et aventure, elle nous emmène dans le bateau pour découvrir une passionnante aventure humaine, celle des marins pêcheurs du début du xxe siècle »

7 décembre 2011

Sasmira

Sasmira t1 et T2 de Vicomte et Pelet
chez Glénat 14,90
T1 l'appel
Paris, 1990, une vieille femme meurt dans les bras de Stan, elle a l'air de le connaître mais lui ne sait rien d'elle, elle lui laisse alors une bague et une photo.
Intrigué par cette mort et son contexte, Stanilas enquête et retrouve la trace de la demeure où a été prise la photo! Il est rejoint par sa compagne inquiète de sa disparition, lors de la découverte de la maison abandonnée depuis 1 siècle, ils seront transportés dans le passé, 1 an avant que les habitants de la maison abandonnent les lieux, ainsi ils rencontrent deux femmes, l'une jeune et mystérieuse, l'autre plus âgée et intriguée par leur venue du futur....


Il y a 15 ans Vicomte avait publié Sasmira T1 l'appel, ce fut alors avec enthousiasme que le public l'avait accueilli, et on attendait avec une impatience démesuré cette suite, mais elle n'est jamais venue jusqu'à mi-novembre, ou le T2 la fausse note, viens de faire son apparition dans les rayons Bds, et quelle suite, après une attente aussi longue, c'est avec une certaine boulimie que je me suis ruée sur ce volume tant attendu, comme bon nombre de mes clients d'ailleurs, et je dois bien avoué que celui-ci est à la hauteur de ce que nous pouvions attendre, Claude Pellet qui a poursuivi l'œuvre de Laurent Vicomte, l'a fait avec brio, on ne voit pas vraiment quand l'un a dessiné de l'autre, le scénario toujours poursuivi par Vicomte est réalisé avec talent, Sasmira est sans aucun doute une œuvre à part entière.

T2 La fausse Note
Cette fois nous retrouvons Bertille sujette à un mal mystérieux depuis son entrée dans le passé, de plus Sasmira est de plus en plus étrange, elle fait tout pour séduire Stan et ainsi se débarrasser de Bertille, Prudence seule alliée de la jeune femme, essaye par tous les moyens de trouver une solution pour que le couple retrouve le chemin vers leurs vies, elle est même inquiète, mais pourquoi? Elle n'est pas prête tout de même à dévoiler les secrets qui rodent autour de Sasmira

Tant de questions demeurent à la fin de ce second volume, que nous réserve l'étrange Sasmira, pourquoi Bertille est-elle atteinte d'un mal mystérieux? Qui est réellement Prudence? et Stanislas?

Ce voyage dans les mythes égyptiens nous réserve encore beaucoup de surprise je pense, tout ce que j'espère c'est que nous n'attendrons pas 15 ans de plus pour répondre à toutes ces questions qui fourmillent et restent à présent dans le flou!

Vous l'aurez compris, si vous ne connaissiez pas cette bd, il faut se la procurer sans appréhension, de la bd comme on en fait peu, pour ceux qui avaient aimé les premiers cycles de « Ballade au bout du monde » cette bd a autant si ce n'est voir plus de qualité, le scénario est vraiment étudié, et surprenant, le graphisme quand à lui, est très réaliste et sans fioriture, de la bonne vieille bd comme on en fait peu à l'heure d'aujourd'hui, Sasmira est sans aucun doute le coup de cœur de cette fin d'année, Mon incontournable pour ces fêtes de fin d'année!

5 décembre 2011

dans la nr du 3/12/11

Céline Trotté, de La Boîte à livres, agrandit son rayon manga, suite à la fermeture d'Ailleurs. - (dr)
Céline Trotté, de La Boîte à livres, agrandit son rayon manga, suite à la fermeture d'Ailleurs.

'' Ailleurs '', le commerce de référence du manga à Tours, vient de fermer. Vers où cette clientèle de passionnés va-t-elle désormais se tourner ?

Le magasin vient tout juste de fermer ses portes, et déjà les adeptes tourangeaux de mangas se sentent orphelins. Ailleurs (*), c'était le commerce de référence des dévoreurs de mangas. Ils y trouvaient leurs livres, évidemment, mais aussi des conseils de spécialistes et des figurines. Reste maintenant à savoir vers quelle librairie se tourneront les lecteurs de mangas. Tour d'horizon de librairies tourangelles spécialisées en bandes dessinées et en comics, qui proposent aussi des mangas, et susceptibles de reprendre une partie du marché.
> Bédélire : « Pas assez de place »
« Nous sommes plutôt spécialisés dans la bande dessinée franco-belge, expliquent les libraires. Si nous avons déjà un peu de mangas, nous n'aurons pas la place pour développer ce rayon. Ailleurs avait capté quasiment toute la clientèle jeune, qui cherchait aussi des figurines et des jeux vidéos. Nous sommes plutôt sur une clientèle adulte, qui lit du « gegika », un genre de manga plus réaliste qui s'attache à la psychologie des personnages, mais se lit aussi de droite à gauche. Comme par exemple Jirô Taniguchi, avec son '' Quartier lointain '', qui a fait entrer un lectorat féminin dans la bande dessinée avec cet album, best-seller en France. »
81, rue du Commerce.
> J'ai les bulles !!! : « Le manga ne me suffirait pas pour vivre »
« Beaucoup de jeunes commencent à lire avec le manga. C'est une façon de venir à la lecture, constate Frédéric Dupont. Le public est plutôt jeune, très féminin. J'ai décidé d'en faire, en occasion, car c'est un produit complémentaire aux comics et à la BD, mais cela ne me suffirait pas pour vivre : c'est entre 5 et 10 % de mes ventes. Une dizaine de séries représentent 90 % du marché aujourd'hui. Les marges ne sont pas énormes. »
82, rue du Commerce.
> Mc BD : « L'hyper-spécialisation est très compliquée »
« J'ai ouvert ma boutique de bandes dessinées d'occasion début octobre, raconte Mathieu Pagano, gérant de cette toute nouvelle librairie BD, rue Charles-Gille. Presque tous les autres sont installés dans la même rue. J'ai choisi cette zone d'implantation car il n'y avait pas d'autres librairies dans le quartier depuis l'arrêt de '' L'oiseau lire '', il y a sept ans. Pour être hyperspécialisé, comme '' Ailleurs '', il faut se développer avec des produits dérivés. Sinon, dans une ville comme Tours, et en province en général, cela paraît très compliqué de ne faire que du manga. Moi j'ai décidé de faire de l'occasion, en bandes dessinées, comics, avec un petit rayon de mangas. »
20, rue Charles-Gille.
>Boite à livre : « Nous reprenons une grande partie du public d'Ailleurs »
« Aujourd'hui, nous sommes sans doute un des seuls à pouvoir démarcher de nouveaux clients, estime Céline Trotté, qui gère le rayon bandes dessinées. Nous avons installé une étagère supplémentaire, destinée à faire du fond manga. Nous nous lançons donc dans des choses plus complexes, pour un public plus spécialisé. Nous avons multiplié par quatre les commandes depuis 15 jours, suite à la fermeture d'Ailleurs. Des parents d'enfants qui ne lisent pas qui viennent me voir pour me demander des conseils de lecture. »
19, rue Nationale.

(*) Ailleurs, 22, rue du Commerce, garde cependant sa boutique attenante consacrée aux jeux vidéos.
Naëlle Le Moal